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La tribune de Laurent Levy, président d’INOP’S et fondateur d’XXE dans Les Echos.fr : « inventer un modèle dans lequel la relation entre l’entreprise et les « freelances » soit plus juste et plus transparente
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[ 11/10/2017 ]

La tribune de Laurent Levy, président d’INOP’S et fondateur d’XXE dans Les Echos.fr : « inventer un modèle dans lequel la relation entre l’entreprise et les « freelances » soit plus juste et plus transparente

Tribune publiée le 10 octobre 2017 sur lesechos.fr : Mieux traiter les travailleurs « ubérisés » 

Source : LesEchos.fr
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/030684365637-mieux-traiter-les-travailleurs-uberises-2120979.php

 

LE CERCLE/POINT DE VUE - Les travailleurs d’Uber, Deliveroo et consort souffrent des inconvénients du statut d’indépendant sans bénéficier de ses avantages. Il est temps d’inventer un modèle dans lequel la relation entre l’entreprise et les « freelances » soit plus juste et plus transparente.

La manifestation, fin août, des coursiers de Deliveroo n'est pas passée inaperçue. Des dizaines d'entre eux se sont rassemblés à Paris, Bordeaux ou encore Lyon pour s'opposer à une généralisation du paiement à la course et réclamer une augmentation. Cette grogne, une parmi tant d'autres, rejoint les multiples contestations des VTC et autres livreurs pour avoir plus de droits. Ces travailleurs « uberisés » sont, en effet, des salariés déguisés qui souffrent de tous les inconvénients de l'indépendant sans profiter des autres avantages de ce statut. Si bien que ces plates-formes ternissent l'image et la croissance des « freelances », dont la population se développe aujourd'hui à vitesse grand V.

Beaucoup d'indépendants, comme ceux du secteur du numérique, jouissent d'une liberté de travail et d'une richesse de missions sans égales. Hélas, ils se retrouvent « uberisés » à leur tour par des plates-formes spécialisées qui adopte cette uberisation à la commission. Par uberisation des services, entendons la mise en relation entre un client et un fournisseur, ceci au travers d'une plateforme qui va se rémunérer sur cette prestation sans apporter de valeur ajoutée au secteur qu'elle distribue. Les travailleurs de ces plates-formes sont rémunérés à la tâche et une commission importante est directement prise de leurs gains. Ces services permettent aux professionnels et aux clients de se mettre en contact de manière quasi instantanée, mais cette relation est régulée, mécanisée par ce tiers d'intermédiation qui reste présent à toutes les étapes de la transaction.

« Gig economy »

Longtemps présenté comme une aubaine pour exercer leur métier selon leurs envies et pour s'affranchir des contraintes du salariat, le statut d'indépendant « uberisé » ne fait plus rêver. Cette prétendue liberté pour autoentrepreneur peut devenir un véritable enfer.

Alors que l'on commence à parler en France d'un statut particulier à mettre en place pour ces travailleurs uberisés, certains gouvernements ont interdit l'implantation d'Uber sur leur sol, comme en Inde ou en Italie pour limiter ce qu'il convient d'appeler une « dérive ». D'autres, comme l'Angleterre, ont reconnu le statut de salariés aux chauffeurs Uber pour qu'ils aient plus de droits.

Un terme devient à la mode pour définir ces nouveaux emplois précaires : la « gig economy », soit l'économie des petits boulots. Beaucoup d'étudiants s'engouffrent dans ces petits boulots, certes pratiques pour trouver tout de suite mais loin d'être gratifiant, formateur et vraiment rentable.

Faut-il donc envisager de faire marche arrière ? Absolument pas. L'uberisation a quoi qu'on en dise permis de changer de paradigme en matière de travail. Le président d'Accor Hotels Sébastien Bazin expliquait au dernier HubForum que l'arrivée de Booking et Airbnb a dynamisé le secteur de l'hôtellerie qui était peuplé de grands groupes traditionnels qui se reposaient sur leurs lauriers. Ils ont dû faire face à la concurrence et ainsi développer de nouveaux services pour rester dans la course.

Nouvelle dynamique

L'uberisation reste donc une révolution, même si comme tout changement radical il n'a pas amené que du bon. Et c'est surtout un bon test pour savoir ce que l'on veut et ce que l'on ne veut pas dans le travail indépendant. Mais alors qu'à l'heure actuelle le ras-le-bol des salariés fait parler pendant que les droits des indépendants sont bafoués, on peut se demander de quoi sera fait le futur du travail...

Mais pas de panique, une solution se dessine à l'horizon !

Cette solution, c'est la voie de la « post uberisation ». L'étape d'après l'uberisation, un retour à une innovation plus saine et humaine qui fédère un collectif hybride de salariés et de freelances sans arnaquer une des deux parties au passage.

Et c'est à cet endroit précis que les market-places peuvent contribuer activement à mener une disruption positive du travail : il s'agit de rendre la relation entre entreprises et freelances la plus juste et la plus transparente possible. Mais aussi d'apporter une véritable valeur ajoutée au secteur qu'elle adresse.

Sur certains marchés comme celui des freelances du numérique, de nouveaux entrants cassent les circuits courts ou longs d'intermédiation pour créer de nouvelles connexions directes entre l'offre et la demande dans une logique de post uberisation.

C'est une nouvelle dynamique qui va permettre aux entreprises de travailler de manière plus fluide et régulière avec leur réseau d'indépendants. Afin de construire ensemble une véritable entreprise étendue... appréhendée comme une entreprise horizontale, collaborative, fonctionnant en réseau grâce à un collectif hybride fait de salariés et de freelances.

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